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The Boys Saison 5 – Une conclusion aussi ambitieuse que décevante

The Boys saison 5 vient tout juste de se conclure. Et une chose est sûre, les attentes autour de cette saison dernières étaient particulières, mais pas dans le bon sens du terme.

En effet, depuis 2019, The Boys s’était imposé comme l’une des œuvres les plus intéressantes du paysage super-héroïque ; une satire brutal et des personnages complexes et une montée dramatique maîtrisée d’une saison à l’autre.

Cependant, la saison 4 de The Boys avait déjà divisé : trop dispersée, trop déséquilibrée, elle avait laissé une partie du public sur sa faim malgré quelques fulgurances. Un an après, Gen V saison 2 n’avait pas convaincu davantage au point que cette dernière n’a pas été renouvelée pour une troisième saison. Tout ces éléments nous donnaient un signal inquiétant sur l’état de santé général de la franchise.

Autant dire que cette saison finale portait une pression particulière. Celle d’une série qui devait se racheter et prouver qu’elle était encore capable de conclure son histoire avec la force qui avait fait sa réputation.

Le résultat, loin d’être vide d’idées reste profondément décevant.

The Boys Saison 5 : Une intention claire, une exécution ratée

Sur le fond, Eric Kripke, producteur de la série, sait exactement ce qu’il veut raconter avec cette saison finale.

Il veut nous dépeindre une montée progressive du fascisme. Décrire une société qui bascule lentement avec une radicalisation collective qui s’installe, avec un Homelander qui devient progressivement une figure divine et autoritaire. L’idée de montrer « Berlin 1938” plutôt que “Berlin 1945 » est un parti pris qui aurait pu se révéler gagnant.

Affiche de la série The Boys saison 5 mettant en scène le personnage de Homelander

Cependant, bien que cette saison 5 sache ce qu’elle veut raconter, elle échoue dans son exécution. On nous dit constamment que le monde bascule, que les institutions tombent, que l’autoritarisme monte.  Et pourtant, les enjeux restent très théoriques, le danger est davantage raconté que montré. Et ce fossé qui sépare l’intention d’un côté, et le ressenti de l’autre, finit par rendre cette saison 5 de The Boys totalement dénuée de toute tension narrative et dramatique.

Un rythme constamment sabordé

Le rythme est le principal défaut structurel de cette saison 5 de The Boys, et il est récurrent.

À chaque fois que la tension monte, qu’une intrigue devient réellement captivante, que le danger commence à être palpable, la série coupe son propre élan. Une sous-intrigue inutile surgit, une scène grotesque détourne l’attention, un teasing pour un spin-off vient parasiter le récit principal.

Pire encore, la saison semble souvent davantage préoccupée par la préparation de l’univers étendu que par sa propre conclusion. On sent le poids des spin-offs à venir, des personnages à teaser, des intrigues à poser pour la suite. Pour une saison censée conclure une histoire, c’est un problème majeur.

Les personnages dans The Boys saison 5 : le meilleur et le pire

Homelander : une menace trop longtemps contenue

Anthony Starr est toujours aussi exceptionnel dans le rôle. Sa présence à l’écran est toujours aussi magnétique, et certaines scènes montrent réellement l’étendue de sa folie et de sa mégalomanie.

image issue de la série The Boys saison 5 mettant en scène le personnage de Homelander.

Et pourtant, quelque chose coince. Le Homelander menace énormément, parle énormément, devient de plus en plus extrême. Mais concrètement, il agit bien moins que ce que la série promet pendant l’essentiel de la saison. Le spectateur attend le vrai basculement, l’irréversible, l’explosion totale. Et au moment ou l’antagoniste agit enfin, il est malheureusement bien trop tard pour que la montée soit vraiment efficace.

Butcher : le gâchis narratif le plus douloureux

C’est là que la frustration est la plus forte.

La transformation de Butcher amorcée en saison 4 laissait présager un développement passionnant. Une corruption morale progressive, une perte d’humanité, un personnage qui bascule du mauvais côté. Des promesses narratives très alléchantes.

image issue de la série The Boys saison 5 mettant en scène le personnage de William Butcher

En pratique, presque rien de tout cela ne se concrétise, les nouvelles capacités du personnage sont peu exploitées et son évolution psychologique reste en surface. La série ne pousse jamais réellement son arc jusqu’au bout, là où elle aurait pu offrir quelque chose de véritablement audacieux.

Hughie Campbell – Une naïveté agaçante

Le personnage de Hughie Campbell devient également de plus en plus difficile à supporter au fil de la saison.

Là où sa naïveté pouvait autrefois apporter une forme d’humanité et de contraste au cynisme ambiant de la série, elle finit ici par devenir profondément agaçante.

image issue de la série The Boys saison 5 mettant en scène le personnage de Hughie

Cette saison tente constamment de le présenter comme le “cœur moral” du groupe, mais cette écriture rend sa naïveté totalement caricaturale. L’accent excessif qui est mis sur ce trait de caractère de Hughie sonne faux, même dans un univers aussi brutal et désabusé. Ses réactions, ses hésitations et certains de ses dialogues donnent souvent lourdeur au récit plutôt que d’apporter un réel développement.

À force de vouloir préserver cette innocence coûte que coûte, Cette saison 5 finit surtout par rendre Hughie irritant et répétitif.

Des personnages secondaires mal servis

Du côté du reste de l’équipe, le constat est similaire.

Plusieurs personnages semblent avoir bouclé leur arc depuis longtemps, et la saison leur ajoute artificiellement des intrigues sans réelle nécessité narrative.

image issue de la série The Boys saison 5 mettant en scène les personnages de Firecracker et de Ashley
image issue de la série The Boys saison 5 mettant en scène les personnages de Kimiko et Frenchie
image issue de la série The Boys saison 5 mettant en scène les personnages de The Deep et Black Noir
image issue de la série The Boys saison 5 mettant en scène le personnage de Soldier Boy
image issue de la série The Boys saison 5 mettant en scène le personnage de Sister Sage
image issue de la série The Boys saison 5 mettant en scène le personnage de ofather

Certains développements arrivent trop tard dans la saison, cassent le rythme au mauvais moment, et détournent l’attention des enjeux principaux. Et d’autres encore, pourtant dotés de bonnes idées, sont mal amenés et semblent surtout servir les besoins immédiats du scénario plutôt qu’une vision d’ensemble cohérente.

Un final qui sauve partiellement les meubles

Divertissant, mais…

Le dernier épisode fonctionne. Et c’est important de le reconnaître.

La série retrouve enfin ce qui faisait sa force : du rythme, de l’urgence, des confrontations frontales, des émotions plus marquées et des enjeux enfin lisibles. Pendant un instant, The Boys revient à l’essentiel et rappelle pourquoi la série a autant marqué à ses débuts.

image issue de la série The Boys saison 5 mettant en scène le personnage de Homelander

Mais malgré tout, ce final met aussi en lumière tous les défauts accumulés auparavant.

Plusieurs séquences donnent l’impression que certains événements auraient dû arriver bien plus tôt dans la saison. De nombreuses intrigues ont été mises de côté, étirées artificiellement ou tout simplement ignorées pendant plusieurs épisodes. C’est ainsi qu’une stagnation narrative s’installe dès les premiers épisodes et nous fait presque croire qu’il ne s’agit pas du final de la série.

Une course contre la montre

À force de se disperser, cette saison 5 de The Boys finit par gaspiller un temps précieux pour préparer un final à la hauteur . Là où une structure plus resserrée et mieux maîtrisée aurait probablement rendu l’ensemble bien plus efficace.

Et donc, par conséquent, ce dernier épisode doit alors compenser ce retard énorme en un temps très limité. Après sept épisodes qui peinent à faire avancer l’histoire, le final est contraint d’accélérer brutalement pour conclure un maximum d’arcs narratifs. La série s’engouffre alors dans les facilités scénaristiques et conclus sans subtilité ni de logique. Certaines résolutions donnent même l’impression d’exister uniquement parce qu’il faut impérativement mettre un point final, et non parce qu’elles résultent naturellement de la progression de la saison.

Le final reste donc divertissant, parfois même sincèrement efficace, mais il conserve en permanence cette impression de précipitation et d’inachevé. Comme si la série passait l’épisode entier à tenter de rattraper ses propres erreurs avant de franchir la ligne d’arrivée.

Et c’est précisément là que réside le problème : un bon final ne suffit pas à réparer une saison mal construite. Au contraire, il ne fait que rendre son gâchis encore plus visible.

The Boys Saison 5 : une conclusion qui se rate là où ça compte

La saison 5 de The Boys n’est pas vide de sens.

Les thèmes sont là, les intentions sont compréhensibles, et certains éléments fonctionnent réellement bien. Mais factuellement, la série échoue sur ce qui comptait le plus pour une conclusion : le rythme, la structure, la montée dramatique, et la capacité à rendre ses enjeux émotionnellement palpables.

Image promotionnelle pour la saison 5 de la série The Boys

Trop d’intrigues inutiles, de teasing et de dispersion. Pas assez de concentration sur ce qui aurait dû être au cœur de tout.

The Boys reste une série importante, audacieuse, et souvent brillante dans ses meilleures années. Cette saison finale ne lui rend malheureusement pas l’hommage qu’elle méritait.

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