Avec Captain America – Brave New World, Sam Wilson obtient enfin son film solo après avoir endossé le bouclier à la fin de la série Falcon and the Winter Soldier.

L’histoire nous présente la place qu’occupe désormais Sam Wilson en tant que Captain America.
Mais il devait aussi, avec l’apparition de l’Adamantium et les tensions internationales qui en découlent, aborder un nouveau contexte géopolitique du MCU.
Captain America Brave New World – Un film à la générosité frustrante

Une des choses que l’on ne peut pas reprocher à Captain America: Brave New World, c’est bien sa générosité en termes d’actions.
Avec ses 1h58 de durée, le film offre pas moins de 5 scènes d’action.
De l’action en grande quantité mais que valent ces scènes ?
La lisibilité au détriment de l’originalité
Dans l’ensemble, la mise en scène est lisible mais basique.
Le film ne propose pas spécialement d’identité visuelle ou chorégraphie très mémorable.
Le minimum syndical est assuré afin de rendre les combats lisibles.
Cela réduit les prises de risques contrairement au montage frénétique et nerveux des frères Russo que l’on retrouve dans le Soldat de l’Hiver et qui pouvait parfois être compliqué à suivre.
Un travail saboté
Cependant, à cause d’une mauvaise utilisation de la lumière, le film se sabote lui-même sur cet aspect.
En effet, plusieurs scènes d’action se déroulent dans des environnements très sombres.
Si sombres qu’il est parfois difficile de suivre les mouvements et coups de chaque personnage.
Paradoxalement, les films des frères Russo restent en grande majorité bien plus lisibles et agréables que ce que propose ce nouvel opus Captain America.
Même avec un cadrage très nerveux et un montage haché, en particulier le combat dans la rue entre Bucky et Steve Rogers dans le Soldat de l’Hiver était bien plus maîtrisé.
Ici, on a le ressenti de vouloir rendre les combats lisibles m ais que les choix liés à la photographie l’en empêchent.
Surveillez bien le ciel
Toutefois, le combat final proche du Céleste Tiamut réussi à allier un point de vue dynamique et une mise en scène aérienne.
On y découvre un Sam Wilson et un Joaquín Torres/Falcon représentés comme des « avions vivants », virevoltant dans les airs et utilisant pleinement leurs équipements.
Cependant on aurait davantage apprécié que le Céleste soit davantage utilisé comme un élément de l’environnement plutôt que juste faire partie du décor.
Captain America vs Red-Hulk
Pour ce qui est du combat avec le Red-Hulk, il est dans l’ensemble réussi aussi.
On ressent la puissance du Red-Hulk et ce dernier est bien modélisé.

En revanche, il est important de noter la présence de facilités scénaristiques et du décor en image de synthèse qui affecte énormément le rendu de cette séquence.
Le côté artificiel se fait trop ressentir et ce qui est très alarmant pour un film dont le budget avoisine les 200 M de dollars.
Un ton inspiré de The Winter Soldier, mais loin de son aura
Captain America Brave New World se présente comme un thriller politique.
Une approche qui rappelle le Soldat de l’Hiver dont il essaye tant bien que mal à en reproduire l’ambiance.

Bien que l’on retrouve un ton similaire, le film est loin d’avoir l’aura de son prédécesseur.
Une histoire sur le papier intéressante
En effet, on retrouve des enjeux géopolitiques liés à l’apparition de l’Adamantium suite à l’émergence du Céleste Tiamut à la fin des Éternels.
Un choix pertinent puisque le cas du Céleste n’a jamais réellement été abordé depuis dans le MCU.
L’idée d’un complot qui se trame avec en toile de fond des tensions géopolitiques sur l’exploitation d’une ressource inédite, le film sur le papier a tout pour être intéressant.
Captain America Brave New World – Une approche thriller politique raté
Cependant, le film n’arrive pas à insuffler une véritable tension tout au long du film.
La raison est simple, c’est que tout est prévisible.
Le film n’apporte pas d’ambiguïté ni de nuances dans ses personnages.
Ce qui crée par conséquent une absence de complexité dans le scénario, un élément essentiel pour tout thriller politique qui se respecte afin de créer de la tension tout au long de l’histoire.
Sam Wilson : un Captain America légitime… mais un arc déjà vu
Après le passage de flambeau de Steve Rogers à Sam Wilson, est ce que Captain America Brave New World parvient à installer ce dernier comme un successeur crédible et sincère pour porter le bouclier ?
Sam Wilson coincé dans une boucle temporelle ?
Dans Falcon and the Winter Soldier, Sam doutait de sa légitimité à porter le bouclier vis à vis du fait d’être un homme noir.
L’évolution du personnage au cours de la série se reposait sur le cheminement pour accepter cet héritage que Steve Rogers lui lègue à la fin d’Avengers Endgame.
La dynamique est la même que dans la série mais condensé dans un film de 2h.
Cette fois-ci, le cheminement est le même mais pour une raison différente à savoir :
Le fait que ce n’est pas un super-soldat.
A plusieurs reprises, le refus de prendre le super sérum de la part de Sam Wilson est rappelé afin de proposer au personnage un développement artificiel.
Le résultat ?
On a l’impression que le film fait du surplace.
Plutôt que d’avancer vers un nouveau chapitre de son développement, Sam reste coincé dans un questionnement déjà exploré et résolu dans la série.
Toutefois, même si certains ne retrouvent pas en Anthony Mackie le charisme de Chris Evans porté à l’écran, son Captain reste tout de même sincère et attachant.
Le jeu d’Anthony Mackie : sincère mais limité
Anthony Mackie offre une prestation honnête.
Son jeu transmet bien la sincérité et la détermination de Sam Wilson, notamment dans ses interactions avec Isaiah Bradley et Joaquín Torres.
On ressent la sincérité et la volonté de faire vivre à l’écran le personnage d’Anthony Mackie.
Cela se reflète notamment dans les interactions avec les personnages d’Isaiah Bradley et Joaquín Torres.
Son jeu en revanche dévoile aussi des limites, notamment lors de moments de colère ou d’autorité.
Son charisme de leader n’est pas ce qui ressort à l’écran.
Toutefois, cela reste à relativiser puisque l’acteur rend un travail efficace et n’est pas aidé par l’écriture de son personnage comme dit précédemment.
Des personnages secondaires sous-exploités
Beaucoup d’antagonistes pour un résultat mitigé
Le film possède au total 3 antagonistes, avec des résultats contrastés :
- Le personnage de Giancarlo Esposito est un échec. On constate rapidement que le personnage a été ajouté au dernier moment lors des reshoots. De plus le jeu de l’acteur est loin de crever l’écran
- L’antagoniste mystère dévoilé dans la bande annonce mais dont l’identité n’est pas révélée. Plutôt convaincant avec son design, il possède de réelles motivations mais sa dangerosité n’est pas toujours ressentie. Je vous laisse le plaisir de le découvrir en salle
- Thaddeus Ross / Hulk Rouge, incarné par Harrison Ford, est l’une des rares réussites notables. L’acteur réalise une performance satisfaisante. le personnage de Ross est le seul à être développé avec le nouveau Captain. Son Hulk bien que peu présent, bénéficie d’un design convaincant. Cette courte présence peut se justifier avec les coûts élevés des effets spéciaux pour donner vie à ce Red-Hulk.
Des personnages sans intérêts
Les personnages secondaires souffrent également de ce manque d’investissement scénaristique :
- Isaiah Bradley, est au second plan. Sa présence donne simplemement une motivation irrationnelle à Sam Wilson.
- Joaquín Torres/Falcon a une bonne alchimie avec Sam Wilson. Mais son développement est inexistant.
Captain America Brave New World et l’illusion d’une tension géopolitique
Captain America Brave New World a l’ambition de poser les d’un conflit géopolitique mondial en explorant pour la première fois dans le MCU, les répercussions du film The Eternals (Les Éternels en vf).

L’introduction de l’adamantium via l’apparition du corps du Céleste Tiamut, est une idée est pertinente.
Une ressource extrêmement rare, plus solide que le Vibranium et qui émerge subitement devrait logiquement, déclencher des tensions entre les nations. Surtout qu’avec les films Black Panther, on voyait que les nations qui en possèdent ne souhaitaient pas la partager.
Mais là encore, Captain America Brave New World se contente d’utiliser ce contexte seulement en toile de fond. Le film survole tout cet aspect géopolitique et ne parvient pas à nous immerger dans cette dimension de l’intrigue.
De plus, la fin expédie tous les enjeux, laissant ce point abordé seulement de manière superficielle et renvoyant probablement cette intrigue à un prochain projet.
En somme, Marvel Studios gâche encore ses cartouches en sous-exploitant ses potentiels narratifs.
Une campagne marketing préjudiciable pour Captain America Brave New World
Le film souffre également de sa campagne de communication beaucoup trop agressive. Marvel Studios a dévoilé 3 bandes-annonces et de nombreux TV Spots et montrant en grande majorité le combat face au Red-Hulk.
Résultat ? De nombreuses scènes d’action et des moments importants ont été spoilers avant même la sortie du film.
La surprise s’en trouve considérablement diminuée, et certaines séquences perdent en impact émotionnel. Ce matraquage promotionnel n’a clairement pas aidé le film à garder un minimum de suspense.
Conclusion sur Captain America Brave New World
Malgré les défauts d’écriture notable et une mise en scène des plus basiques au possible, Captain America Brave New World reste tout de même divertissant.Le film reste plutôt bien rythmé, on a à certains éléments sympathiques comme le Red-Hulk ou l’affrontement aérien.
Toutefois, le film avait un budget de 200 M de dollars. On est donc en droit en droit d’en demander beaucoup plus en termes de qualité.
Mais au vu de la production calamiteuse, le film ayant subis des reshoots en masse et un scénario écrit par cinq personnes différentes. On pouvait s’attendre aussi à une véritable catastrophe comme avec Ant-Man Quantumania.
Captain America Brave New World s’en sort plus que bien, le film est dans les standards qu’un film du MCU peut nous proposer, divertissant mais oublié aussitôt visionné.
Le manque d’ambition se fait ressentir dans le film gâchant encore un potentiel narratif.
Le film est loin d’apporter la fraîcheur et le renouveau que l’on attend encore de la part de Marvel Studio comme explorés dans cet article :
Le MCU en crise : quelles solutions Marvel Studios apporte-t-il ?
Désormais, les films Thunderbolts et Fantastic 4 First Step auront la lourde tâche de redresser la barre avant Avengers Doomsday et Secret Wars.
C’était déjà le cas avant, ça l’est encore plus maintenant.
Et vous, qu’avez vous pensé du film si vous l’avez vu ?
Attendez vous encore quelque chose encore de la part de Marvel Studios ?
Laissez un commentaire pour partager votre avis et qu’on en discute ! 😉


Une très bonne review je valide !
Ping : Thunderbolts* – Une belle conclusion pour la phase 5 du MCU ?