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Daredevil Born Again Saison 2 : le Diable de Hell’s Kitchen au sommet, malgré ses limites

La saison 1 de Daredevil Born Again avait réussi l’essentiel.

Malgré une production chaotique et une première moitié inégale, elle avait su se relever et terminer sur une note forte. Suffisamment forte pour créer de vraies attentes autour de cette saison 2.

Cette fois, pas d’excuse de production tumultueuse. Pas de patchwork entre deux visions différentes. Une équipe stable, une page blanche, et une série qui sait désormais ce qu’elle veut être.

Alors, est-ce que ça se ressent à l’écran ?

Globalement, oui. Mais pas sans réserves.

Daredevil Born Again saison 2 : Un contexte plus riche, des enjeux plus larges

Là où la première saison posait les bases, cette saison 2 exploite pleinement le terrain préparé.

Image issue de la série Daredevil Born Again saison 2

Wilson Fisk n’est plus un criminel de l’ombre. Désormais maire de New York, il transforme la ville à son image. Son programme sécuritaire, présenté comme une utopie, dissimule en réalité une dérive autoritaire de plus en plus assumée. En face, Matt Murdock et Karen Page vivent en fugitifs, contraints de se reconstruire dans l’ombre d’un système qui les traque.

Un démarrage en dents de scie

Les deux premiers épisodes sont le principal point faible de la saison.

L’épisode 1 remplit son rôle de remise en contexte. On retrouve Matt et Karen, les enjeux politiques autour de Fisk, les nouvelles têtes. La mise en scène est soignée, les compositions de plans plus travaillées que jamais. Toutefois, le rythme est lent, parfois lourd, et la densité d’informations à digérer ralentit l’élan narratif.

L’épisode 2 aggrave le problème. Très verbeux, très dense, il navigue d’une intrigue à l’autre sans jamais vraiment s’arrêter sur l’une d’elles. On effleure tout sans approfondir quoi que ce soit. Le résultat est frustrant : une impression de surplace malgré une quantité importante d’informations délivrées.

Fort heureusement, la série se redresse dès le troisième épisode. Mieux structuré, mieux rythmé, plus lisible, il marque un tournant net dans la qualité de la saison. À partir de là, chaque épisode gagne en densité, en cohérence et en intensité. Les intrigues convergent progressivement vers une même direction, ce qui offre un rythme bien plus fluide et engageant.

En revanche, la fin de la saison perd à nouveau en vitesse de croisière. Le teasing du retour des Defenders y prend une place un peu trop envahissante, au détriment du rythme naturel de l’intrigue principale.

Les scènes d’action : moins que Netflix, mais plaisant

C’est un sujet qui revient inévitablement à chaque fois.

Les standards de la série Netflix en matière de chorégraphie et de mise en scène des combats restent une référence difficile à atteindre. Cette saison 2 ne les égale pas. Les affrontements sont bons, parfois très bons, mais ils manquent encore de cette brutalité organique et de cette fluidité qui rendaient les combats Netflix si mémorables.

Image issue de la série Daredevil Born Again saison 2

Cela dit, Daredevil apparaît ici plus violent et plus physique que jamais. Certaines séquences d’action sont généreuses, bien construites, et font pleinement leur effet. Un faux plan séquence au troisième épisode constitue d’ailleurs un vrai moment de mise en scène, à la fois hommage à la série Netflix et démonstration de savoir-faire.

Les personnages : le meilleur et le dispensable

Bullseye, la grande réussite de Daredevil Born Again Saison 2

C’est sans doute la plus belle surprise de cette saison 2.

Image issue de la série Daredevil Born Again saison 2

À chacune de ses apparitions, Bullseye fait monter le niveau de la série d’un cran. Le personnage est écrit avec un soin particulier, et son interprétation est convaincante de bout en bout. Sa présence crée une tension immédiate. Son rapport à la violence, ses motivations et sa dynamique avec Daredevil apportent une dimension nouvelle à la saison que le reste du casting ne parvient pas toujours à égaler.

Difficile d’en dire davantage sans spoiler. Mais retenez simplement que Bullseye est la raison principale pour laquelle certains épisodes de cette saison atteignent un niveau d’excellence réel.

Daredevil et Wilson Fisk : une relation qui tourne en rond

Le face-à-face entre Daredevil et Wilson Fisk reste le moteur central de la série.

Bien exécuté, toujours efficace, il bénéficie d’une écriture solide et de deux interprètes qui savent exactement ce qu’ils font. Pour autant, on commence à sentir les limites de cette dynamique. La relation tourne légèrement en rond. Les oppositions idéologiques entre les deux personnages sont bien posées, mais elles manquent de véritables rebondissements narratifs pour surprendre le spectateur.

Ce que la série ne développe pas encore assez

Deux aspects de Matt Murdock restent sous-exploités malgré les progrès.

La dimension religieuse du personnage, bien que plus présente qu’en saison 1, demeure encore timide. C’est pourtant l’un des éléments les plus riches et les plus originaux de Daredevil dans les comics. De même, le côté procédural de la série, c’est-à-dire la préparation des dossiers, la construction des défenses, le travail d’avocat au quotidien, est encore trop synthétique. On assiste aux procès. Rarement à ce qui les précède.

Ce sont deux angles que la série gagnerait à approfondir pour donner à Matt Murdock toute la complexité qu’il mérite.

Jessica Jones : entre plaisir de retrouvailles et facilité scénaristique

Son retour fait évidemment plaisir.

Image issue de la série Daredevil Born Again saison 2

Mais honnêtement, Jessica Jones est ici davantage un outil de teasing pour la suite qu’un personnage pleinement intégré à l’intrigue de cette saison. Elle sert trop souvent de facilité scénaristique, et sa présence finit par prendre plus de place que nécessaire au détriment du rythme global. Ce n’est pas rédhibitoire. Mais ce n’est pas non plus ce qu’on attendait pour son grand retour.

Un final qui laisse sur sa faim

C’est le point le plus décevant de la saison.

Après une montée en puissance convaincante sur la deuxième moitié, le final perd en rythme et en cohérence. Certains éléments narratifs arrivent de nulle part. Des révélations importantes sont amenées trop rapidement pour être pleinement convaincantes.

Par ailleurs, le teasing autour du retour des Defenders prend une place peut-être trop importante en fin de saison. Certains personnages semblent davantage là pour annoncer la suite que pour servir l’intrigue en cours. C’est le travers classique d’une série qui appartient à un univers étendu. Daredevil Born Again n’y échappe pas totalement.

Daredevil Born Again Saison 2 en résumé : une vraie réussite, malgré ses limites

Cette saison 2 est meilleure que la première sur presque tous les plans.

La mise en scène progresse. L’écriture est plus cohérente. Les personnages gagnent en profondeur. Et plusieurs épisodes atteignent un niveau de qualité qui rivalise avec ce que la série Netflix proposait à son meilleur.

Pourtant, quelques défauts persistent. Un démarrage hésitant, un final un peu bâclé, et certains aspects du personnage encore trop en surface. Des choses qui font que cette saison, très bonne par ailleurs, ne devient pas encore l’œuvre aboutie qu’elle pourrait être.

La saison 3 est déjà en production. Et au vu de la trajectoire prise par la série, les raisons d’être optimiste sont nombreuses.

Matt Murdock est de retour. Et il n’a jamais semblé aussi proche de retrouver le niveau qui a fait sa légende.

Et vous, avez-vous regardé cette saison 2 de Daredevil Born Again ? La série vous a-t-elle convaincu que le Diable de Hell’s Kitchen est de retour au sommet ? Partagez vos impressions en commentaire et faites tourner l’article si vous avez aimé l’analyse !

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