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Collection DC Paperback – une collection vraiment pertinente ?

La collection DC Paperback débarque le 30 Mai prochain.

En lançant cette nouvelle collection, Urban comics cherche à renouer avec sa promesse de d’antan au moment de sa création en 2011. La promesse était de maintenir l’intégralité de son catalogue disponible et sans rupture de stocks.

Mais voilà, un peu plus d’une dizaine d’années plus tard, le catalogue de l’éditeur s’est grandement élargi. Et depuis quelque temps, Urban rencontre des difficultés à maintenir son catalogue entièrement disponible.

C’est là que la collection DC Paperback intervient : des albums au format souple, des prix ajustés et une fabrication annoncée comme qualitative. Cette gamme répond à plusieurs problématiques éditoriales.

L’intention est louable. Mais en y regardant de plus près, la cohérence globale de cette collection interroge autant qu’elle intrigue.

DC Paperback – Une bonne idée sur le papier…

Sur le plan éditorial, le projet a du sens. 

Urban justifie cette décision  par plusieurs contraintes concrètes : le coût de réimpressions élevé, la hausse du prix des matières premières et leur promesse difficile à tenir. 

C’est aussi une opportunité pour l’éditeur de proposer de nouveaux titres inédits qu’ils n’ont jamais édités.

Sur le papier, Urban semble proposer une solution pragmatique à mi-chemin entre les Urban Nomad et les DC Deluxe. 

Mais une exécution confuse

Cependant, dans la construction de son offre, la collection DC Paperback montre déjà ses limites. 

En effet, dans la sélection des premiers titres, on y retrouve une certaine hétérogénéité :

  • Des arcs denses, complexes, exigeants comme Batman – No Man’s Land
  • Des récits inédits comme Final Night ou Superman – La chute de Camelot
  • Et des récits accessibles, presque introductifs, comme le run de Superman par Geoff Johns

À qui s’adresse la collection, au juste ?
Aux nouveaux lecteurs, qui n’ont jamais touché un comics DC ? Aux fans de longue date, désireux de compléter leur collection ? Aux curieux qui veulent s’y mettre sans trop investir ?

En l’état, la segmentation semble absente. 

Le catalogue ressemble à un “fourre-tout éditorial”, une compilation de titres de tous genres.Sans réflexion apparente sur la progression de lecture ou la compatibilité des niveaux de complexité.
Un nouveau lecteur attiré par la jaquette d’un Batman No man’s land  pourrait très vite se retrouver perdu.

Une accessibilité relative

Urban appuie sur le fait que la collection DC Paperback est plus économique.
Ce qui s’avère être vrai dans l’absolu.

Mais dans les faits, cela nécessite tout de même d’être nuancé.

Une différence de prix minime

Prenons un exemple :

Superman – Origines secrètes (232 pages) sera proposé à 19,99 € le 06 Juin 2025 dans la collection DC Paperback.

Maintenant, si l’on regarde dans la gamme DC Infinite, le tome 4 de Batman Superman World’s Finest (208 pages) sorti le 12 juillet 2024 est à 22,00€ (en hardcover). 

Une différence de 2€ pour un peu moins d’une trentaine de pages et un passage du dur au souple.

Le prix est certe plus avantageux mais est cela en fait un argument de vente si convaincant ?

Des titres à un prix conséquent dès le départ

Un autre exemple qui va dans ce sens est Batman No man’s Land : 

La série initialement répartie en 6 tomes de 32€ en hardcovers passe pour son passage en album souple à 3 tomes d’environ 42€. 

Autrement dit, la saga nécessite de dépenser plus de 120€ pour en profiter dans son intégralité. 

Un investissement certes, mais qui reste tout de même bien moins conséquent que dans sa version hardcover qui, elle, proposait la saga aux alentours de 180€.

Cependant, bien qu’il y ait une différence notable sur le prix, le titre reste peu accessible. 

Le youtubeur Max Faraday’s l’expliquait très bien dans sa vidéo.
Quelqu’un qui souhaite se lancer dans Batman no man’s Land doit tout de même débourser 42€ pour un titre qu’ il n’est pas sûr d’aimer. 

Cela peut remettre en cause l’efficacité réelle du positionnement économique de DC Paperback.
Le format est plus souple, les matériaux probablement moins coûteux, et pourtant les prix restent élevés pour certains lecteurs.
L’écart avec les autres gammes Urban n’est finalement pas si significatif que cela.

Refonte ou simple replâtrage éditorial ?

Cette nouvelle collection semble plus être une réponse instinctive face aux difficultés du marché plutôt qu’à un choix stratégique qui s’inscrit sur le long terme.

Un signal d’alerte envoyé de la part de l’éditeur qui est à un croisement entre la réalité du marché et tenir une promesse qu’elle souhaite tenir coûte que coûte. 

François Hercouët, directeur éditorial de Urban, a lui-même reconnu dans une de ses newsletters : les DC Paperback naissent d’un contexte où certaines sagas ne sont plus rentables pour des rééditions en hardcovers.
Mais cette approche,bien que compréhensible, laisse transparaître certaines limites dans sa structuration : pagination inégale, tarification très large, ciblage et segmentation abstraite.

Une bonne idée… à revoir ?

Il serait excessivement sévère de tout de suite condamner le lancement de cette nouvelle collection. 

Urban Comics est à l’origine de très bonnes initiatives. 

Comme avec les Urban Nomad ou bien la mise en avant des auteurs avec les DC Signatures. 

Et les DC Paperback répondent à de véritables besoins. 

Mais à l’usage, elle donne l’impression d’un bricolage éditorial, qui peine à trouver sa cible et à assumer clairement son positionnement.

DC Paperback – Un projet symptomatique de l’état actuel du marché ? 

En somme, la collection DC Paperback est le fruit direct de l’évolution d’un marché en tension. 

Ce projet nous montre que, même un éditeur aussi bien installé que Urban Comics doit s’adapter et faire des concessions pour maintenir un catalogue aussi imposant que le leur. 

Dans l’absolue, l’intention est noble, mais l’éditeur semble sur certains aspects louper le coche dans l’exécution.

Toutefois, Urban semble placer beaucoup d’espoirs dans cette gamme avec plusieurs titres d’ores et déjà annoncé ainsi qu’une fréquence de sortie assez régulières. 

Seul le temps pourra donner raison ou non à François Hercouët et Urban Comics sur le lancement des DC Paperback. 

D’ici là, la collection arrive dans les librairies le 30 Mai 2025. 

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